Une start-up rouennaise lance les « lombricomposteurs » et organise une collecte de fonds sur internet

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Les paysans le savent, les urbains commencent de l’apprendre : les lombrics sont un maillon essentiel dans la bonne qualité des sols. Les traitements phytosanitaires, un style intensif d’agriculture défonçant la terre chaque mi-saison ont fait drastiquement diminuer le poids de vers depuis 70 ans.

D’après Planetoscope, «les déjections des vers de terre sont de véritables engrais naturels avec cinq fois plus d’azote qu’un sol fertile normal, sept fois plus de phosphore et onze fois plus de potassium. La disparition des vers de terre s’accélère depuis les années1950: il y avait alors 2 tonnes de vers de terre par hectare contre uniquement 200kg de nos jours.»

D’où l’idée de jeunes Rouennais de créer Veragrow, une start-uppermettant de retrouver le bénéfice de ces petits supplétifs des agriculteurs. «En fait, on recrée le plus vieil amendement connu de l’agriculture», détaillent Théo Saint Martin, Alexandre Bocage, Emma Simon-Barboux et Alexandre Foulon.

Le projet, né dans les bureaux de Normandie Incubation à Rouen, à la fin d’études d’ingénieur au Cesi, est bien dans l’air du temps avec son côté bio. «Il s’agit de créer des conditions très favorables pour fabriquer du compost. En agriculture traditionnelle, c’est un processus qui prend dix-huit mois, qui dépend des aléas de la météo, qui demande beaucoup de main-d’œuvre, qui fait perdre un certain nombre de lombrics quand on utilise la récolte.»

Fumier de cheval et marc de café

Dans un hangar confié par l’agglomération de Louviers à la jeune entreprise, le processus est très modernisé dans de grandes lignes de productions faites de bacs métalliques. Du fumier de cheval (très présent en Normandie et dont les haras ne savent plus que faire, d’autant qu’une réglementation en limite l’usage), la récupération des marcs de café des bars de Rouen, les déchets d’une brasserie juste à côté et voilà des lombrics heureux, qui dégradent ces matières premières savamment touillées et homogénéisées.

Le lombricompost, résultat de la digestion des vers de terre, se récolte par le bas de ces grands bacs. Les lignes de production ont été installées juste avant le confinement, les premiers sacs ont été vendus aux maraîchers ces dernières semaines et dans quelques points de vente estampillés bio. Une coopérative agricole forte de 13 000 paysans se montre intéressée.

Les bénéfices de ce lombricompost ? «C’est un booster pour la croissance des plantes. Nous sommes en train de développer une formule liquide, très concentrée, une sorte de bouillon de vie plein d’enzymes, de phytohormones et de bactéries sécrétées par les lombrics, expliquent les entrepreneurs. Ce produit sera à la fois biostimulant, mais aussi une mesure barrière contre les agents pathogènes. En poussant plus vite, les plantes seront moins longtemps vulnérables… C’est le fruit d’une recherche poussée en collaboration avec UniLaSalle, école d’ingénieur en agronomie… On souhaite pour l’instant rester dans un circuit court de distribution, mais aussi développer et distribuer le procédé que nous avons inventé, le faire clé en main. C’est d’autant plus d’actualité qu’en 2023, les biodéchets devront obligatoirement être traités de façon écologique. Si, avec le fumier équin par exemple, le procédé est très adapté à la Normandie, il l’est tout autant dans le Sud par exemple avec les déchets de la vigne…»À savoir

Une cagnotte participative

Développer une entreprise suppose d’investir et si l’argent ne vient pas, l’aventure du «lombricomposteur» (l’installation en Normandie est une première en France) risque de ne pas durer longtemps. Les jeunes entrepreneurs ont donc lancé une cagnotte participative avec trois paliers à atteindre.Avec 6000€, l’entreprise pourra breveter sa formule liquide, avec 10000€, place à des machines plus grandes et à de nouveaux lombrics. Enfin, avec 15000€, Veragrow pourra se former aux spécifications propres à cette filière et engager un vendeur. La cagnotte est accessible sur la plateforme miimosa.