Article VERAGROW – Paris Normandie

Veragrow > Blog > Actu Veragrow > Article VERAGROW – Paris Normandie

Veragrow est à l’honneur dans le Paris Normandie

À consulter ici : https://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/a-rouen-la-start-up-veragrow-se-lance-dans-le-lombricompostage-a-grande-echelle-IA15379753

Les vers de terre, compagnons des jardins sans yeux ni dents, une solution pour l’agriculture de demain ? C’est en tout cas le pari d’Alexandre Bocage et Théo Saint-Martin, ingénieurs diplômés du Cesi (Campus d’enseignement supérieur et de formation professionnelle) de Rouen qui montent leur entreprise de lombricompostage, c’est-à-dire de traitement de déchets organiques par les vers de terre.

«On veut montrer qu’écologie et économie peuvent se combiner, qu’un projet peut être respectueux de l’environnement en étant tout à fait viable», énonce Alexandre à propos de leur start-up VerAgrow, lancée cette année. Le lombricompostage se fait « depuis longtemps en France, mais seulement à petite échelle, explique Alexandre. L’idée est d’industrialiser le processus positivement, de le rendre moins fastidieux, avec moins de main d’œuvre. » Le digestat obtenu, le lombricompost, peut être utilisé comme fertilisant pour les cultures, et ce, même en agriculture biologique. En mettant en place une méthode dite à flux continu, nouvelle en France, permettant de ne pas perdre les juvéniles et les œufs des lombrics au moment de la récolte, les deux entrepreneurs espèrent pouvoir servir de plus grandes entités telles que les collectivités locales, les maraîchers et les agriculteurs, en plus des jardiniers.

Fertiliser et traiter les déchets

Au sortir de leurs études, les deux entrepreneurs font plusieurs constats : d’abord, celui de l’importance du ver de terre dans la vie des sols, ensuite, celui de l’artificialisation croissante de ces derniers avec l’application de produits phytosanitaires. « L’usage de ces produits, c’est un peu le serpent qui se mord la queue, commente Théo Saint-Martin. Le nombre de vers de terre, première biomasse animale terrestre, a diminué drastiquement depuis les années1950. » Or, ils sont à la fois une alternative possible à d’autres fertilisants – le lombricompost étant directement assimilable par les cultures – mais aussi une solution de traitement des déchets organiques. Et pourtant, explique Alexandre, « la France connaît un certain retard sur le lombricompostage. Ils n’y pas assez de producteurs. Il y a donc un besoin. »

Tous deux ingénieurs généralistes industriels, Théo et Alexandre sont, pour leur projet, complémentaires. Depuis leur diplôme, le premier a travaillé en entreprise en pôle production, l’autre du côté industriel. Pour les accompagner dans la création d’entreprise et trouver des contacts, VerAgrow a pu intégrer Normandie Incubation, incubateur public régional, au début de l’année. Pour eux, « c’est aussi la possibilité d’échanger avec d’autres entreprises». Leur projet leur a même permis d’être reçus, en mai dernier, par le cabinet d’Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

Un développement déjà tracé

L’ouverture de leur future usine à Val-de-Reuil, dans l’Eure, est prévue pour la fin de l’année et les premières prestations de retraitement de déchets organiques, pour début 2020. Les vers utilisés, appelés vers du fumier (eisenia fetida), seront nourris en priorité de marc de café, de drêche de bière (restes des céréales utilisées pour sa fabrication) et de fumier équin. Cette sélection des intrants par VerAgrow permettra, selon ses créateurs, de proposer une solution de valorisation des déchets pour la filière équine, actuellement en recherche de solutions à la gestion du fumier. Dès mars 2020, il s’agira de vendre leur lombricompost solide et, si possible, d’augmenter le nombre de lignes de production. Ils réfléchissent enfin à un fertilisant liquide innovant, en partenariat avec l’Université de Caen et l’école d’ingénieur UniLaSalle . Plus tard, Théo et Alexandre espèrent vendre leur système de lombricompostage innovant clé en main à des collectivités pour leur permettre de valoriser leurs déchets. Affaire à suivre…

Plus d’informations sur https://veragrow.fr/

L’INNOVATION

Malgré le développement d’un système de production (à flux continu), nouveau en France, le lombricompost solide proposé par VerAgrow reste assez traditionnel. Les deux ingénieurs concentrent leurs recherches, en partenariat avec le campus UniLaSalle de Mont-Saint-Aignan et l’Université de Caen, sur un fertilisant liquide, obtenu à partir de leurs produits. En plus de nourrir les plantes, le produit pulvérisé permettrait d’agir préventivement sur les agents pathogènes qui pourraient toucher les plantes. Alexandre Bocage développe : «C’est en adéquation avec le plan Écophyto 2025 mis en place par le gouvernement et qui prévoit de diviser par deux les usages de produits phytopharmaceutiques. Dans le lombricompost liquide, des micro-organismes font compétition aux bactéries et champignons pathogènes pour les cultures et permettent, par conséquent, de limiter l’usage de produits phytosanitaires chimiques en curatif et d’en faire un usage raisonné.» Un moyen made in Normandie de limiter le recours aux pesticides ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *